Je suis quasi sûre que j’étais co-dépendante avant même de venir au monde … C’était en 1976, ma mère était tombée enceinte de moi en Terminale, et mes parents s’étaient mariés en juillet, car je devais naître fin septembre – début octobre. Au final, mon anniversaire est tombé un 26 octobre, une date qui m’a toujours paru anormale… j’ai finalement compris pourquoi quand un jour mon père m’a révélé que ma mère avait coutume d’intimer à son ventre : « Pas aujourd’hui. »

Mon père était un joyeux poivrot, et ma mère me faisait porter le chapeau pour le monde où elle vivait. Avant même d’avoir 5 ans, je prenais déjà soin de mon frère comme une adulte ( aurait fait et aurait dû le faire).
Je ne savais pas que ces années d’injonctions et d’attentes me conduiraient à me sentir obligée de « sauver » tout et tout le monde, tout en m’éloignant graduellement et douloureusement, de celle que j’aurais dû être.
« Non » ne faisait jamais partie de mon vocabulaire, car il y avait un prix à payer avec ma mère si on exprimait quelconque forme d’autorité, d’émotion ou de besoin.

J’avais un désir tellement écrasant d’attirer son attention, que cela avait chevillé en moi une peur viscérale du rejet. Cela faisait des décennies que j’avais arrêté de respirer, de pleurer et de vivre pour moi-même…

J’ai mis très longtemps à accepter mon impuissance face aux gens, aux lieux et aux choses. C’est avec soulagement que je peux déclarer, 48 ans après , que je peux enfin lâcher prise un jour à la fois, avec l’aide de CoDA et d’autres Programmes en 12 Etapes.
Lâcher prise, c’est la liberté de grandir.
Merci, Dieu.
Jessica
02.04.2025
2025- Traduit par CoDA France de l’original » Letting go » publié sur Coda.org-– Crédit photos Pexels
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