NB- » Flooding » en CoDA est un comportement codépendant : il signifie saouler, bombarder, submerger autrui de sa logorrhée codépendante.
J’ai découvert le concept de « submersion » lorsque j’ai rejoint CoDA il y a trois ans. J’ai entendu quelqu’un parler de son problème de « submersion d’autrui » dans ce qui est à présent mon groupe d’appartenance (= ma réunion habituelle) .

J’entendais sans cesse les gens en parler lors de nos discussions CoDA. En ce qui me concerne, cela veut dire que je parle généralement vite , dans de longues diatribes souvent alimentées par le ressentiment et la peur.
Dans ces moments-là, je « submerge » littéralement la conversation d’une marée de mots, comme les flots submergent un quartier pendant un ouragan, sauf que j’utilise les mots, l’emphase et la véhémence. Dans le passé, cette habitude a pu me permettre d’obtenir gain de cause, mais elle ne me sert plus à rien.

Dans quelles situations est-ce que je manifeste ce défaut de caractère ? Sans m’en rendre compte, je l’ai infligé à ma femme pendant des années . J’abordais un sujet et je « m’éclatais » comme un fou , barbotant dans mon flux continu de paroles, faisant la démonstration de mon génie, tandis qu’elle se hérissait et arborait un air agacé.
Quand je la submergeais ainsi de paroles, elle se mettait sur la défensive et se repliait sur elle-même. Je me sentais alors blessé, découragé, et je ripostais par quelque chose du genre : « Pourquoi tu ne m’écoutes pas ? Tu pourrais faire attention ? Tu ne m’aimes vraiment pas ! »
Comme les schémas de codépendance nous en avertissent, ce genre de langage ne fait qu’inciter les autres à nous rejeter encore davantage.

J’ai aussi constaté ce phénomène dans mon métier d’enseignant. Je me mettais à pontifier sur un sujet basique, puis je prenais la tangente du ressentiment. Je montais dans les tours concernant une idée XYZ ou une autre et… j’en oubliais de quoi je parlais ! Généralement, je finissais par « revenir à moi » quand je voyais les mines hébétées et les regards vides de mes élèves. Je stoppais net… et j’avais honte de moi.
J’ai réalisé que je le faisais aussi en réunions , tant professionnelles que pour mon travail de service: j’ai une idée, et il faut que je l’exprime avec méticulosité, sans omettre aucun angle ou aucune perspective. Une fois que je suis lancé… il peut s’avérer difficile de m’arrêter.

Cependant, en participant aux réunions de mon groupe CoDA, j’ai commencé à réaliser la beauté du silence, la beauté de laisser les autres s’exprimer.
Jim H.
08/09/2024
Traduit de l’original publié par Coda.org- CoDA France- Tous droits réservés- Crédit Photo Pexel



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