Lecture suggérée : Livre Bleu, p. 16 et suivantes
J’ai toujours voulu être honnête vis-à-vis de moi et aussi d’autrui et je me rends compte en évoquant le déni que mon honnêteté était relative.

Alors même que le médecin me parlait de dépression, je lui assurais que « tout allait bien » à part le fait de m’ennuyer l’après-midi et de ne plus lire… Le « tout va bien » qu’on peut dire à nos voisins, à nos proches pour les rassurer « non, il n’y a pas d’inquiétude à avoir », on finit par se le dire à soi-même… Le déni, c’est ne pas voir la réalité, c’est être déconnecté.e du réel, sa vérité est en fait un mensonge dont on n’a même pas conscience. Et cela dure jusqu’à ce que le corps lâche en crises de nerfs, en tremblements nerveux et en crise de colère « mais laissez-moi tranquille », « mais elle ne peut pas s’arrêter, celle-là ? » Mon corps et mon esprit ont lâché.
Je me suis retrouvée dans une sorte d’enfermement psychique : le mythe de la caverne, où je vois l’ombre de la réalité et je la prends pour la réalité… Voilà le déni dans toute son ampleur.
Dépressive , mais j’étais positive… Le médecin se trompe certainement… J’ai envie de rejoindre mon mari au Ciel, plus rien ne m’intéresse ici ni ne me retient. Quel paradoxe ! Si je déprime, c’est un problème de sérotonine, c’est chimique… pas mental. Je subis… jusqu’au matin où… Je me réveille avec les mots « je veux vivre » en ouvrant grands les bras. Quel déclic s’est produit ? Je ne sais pas, mais je parle de ma dépression à présent, je l’accepte et admets les limites qu’elle m’impose.

Immédiatement j’ai su que je devais chercher les causes profondes de cette dépression dans un passé lointain bien enfoui, mais qui est revenu après le décès de mon mari avec les appels fréquents de ma mère, et sa façon de dire » nous » comme si on était un jeune couple, comme si elle voulait remplacer mon mari, comme s’il n’y avait qu’elle… de quoi provoquer ces crises de « je n’en peux plus » que j’ai évoquées plus haut.
C’est alors que j’ai découvert les listes de comportements chez CoDA. Je ressens le déni comme une protection mise en place par mon subconscient ou peut-être même par ma Puissance Supérieure. C’est une protection utile tant que je ne suis pas capable de voir les choses en face, de me voir dans le miroir de la réalité sans l’amoindrir ou en grossir les traits.

Sortir du déni et accepter la réalité, c’est pénétrer dans cette zone caractérisée par l’honnêteté que je pourrais décrire comme une objectivité bienveillante. J’ai nommé la PS parce que « l’Etant » tient compte de mon état présent, Il est bienveillant en ce qu’Il ne me soumet pas à des épreuves que je ne peux affronter. Je découvre ainsi une Puissance Supérieure en relation avec le concret, la réalité.

Alors que j’imaginais autrefois me fondre en Dieu dans une sorte de fusion mystique, ma PS m’amène maintenant à m’ancrer davantage dans le réel, c’est-à-dire dans mon existence, mes relations, dans la « matière ».
M.
Lecture suggérée (par M) : Livre Bleu, p. 16 et suivantes ( cf Espace Membres)
CoDA France – Novembre 2025 – Tous droits réservés- Crédit Photos Pexels

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