Quand j’ai recommencé à « faire des rencontres » après une relation codépendante, je pensais que le plus dur était passé. J’avais été en réunions CoDA pendant des mois. J’avais appris à poser des limites saines, à prendre du recul et à lâcher prise… J’ai été étonnée par la rapidité à laquelle mes vieux schémas sont revenus au galop sous d’autres angles.

Je me suis surprise à être dans la « performance ». A meubler les silences. A relancer par des questions avant même qu’on ne m’en pose. J’édulcorais mes propos de peur de mettre l’autre mal à l’aise. Je prenais les commandes de la conversation de crainte qu’elle ne s’essouffle. Je n’y voyais rien de dramatique puisque c’était une sensation familière.
En CoDA, j’ai appris que la codépendance n’est pas tant le fait de se sentir faible ou en manque. Dans mon cas, il s’agissait plutôt de fonctionner en sur-régime. J’avais appris à rester connectée à l’autre en anticipant ses besoins, en lissant les tensions et en portant une charge émotionnelle qui ne disait jamais son nom. Certes, ce schéma me permettait de faire durer mes relations, mais moi, j’étais au bout du rouleau.
En tant que femme, j’avais été éduquée à porter la responsabilité de la relation. Le fait que je sois enseignante de surcroit, renforçait encore cette programmation jour après jour. Je me sentais appréciée et gratifiée pour mon sens de l’écoute, de l’anticipation et ma stabilité émotionnelle.

Avec le temps, j’ai appris à cumuler effort, méfiance , et attention. J’ai appris à me méfier de la facilité. Lorsque j’ai appliqué ce combo aux relations amoureuses, j’ai réalisé que je m’escrimais encore à générer du lien au lieu de le laisser grandir naturellement.
CoDA m’a aidée à prendre conscience de la différence entre présence et performance.
J’ai commencé à me rendre compte de la fréquence à laquelle je m’empare de la responsabilité d’une dynamique qui ne m’incombe pas.
Quand je me suis appliquée à faire des pauses au lieu de meubler les vides, j’ai ressenti comme un malaise, comme si quelque chose allait s’effondrer. Mais au final, rien de tout cela n’est arrivé.

J’apprends que la connexion ne requiert pas que je la dirige ou que je la prenne en charge. Je peux répondre sans tomber dans l’excès d’explications. Je peux laisser les conversations s’éteindre sans les relancer.
Je peux enfin laisser les autres se révéler à moi sans chercher à « échafauder » l’interaction.
Il ne s’agit pas de prendre ses distances ni de se détacher, mais d’être authentique, vraie. J’apprends que ce qui est mutuel ne requiert pas d’efforts constants de ma part. Je peux me détendre au sein de la relation, sans avoir à la tenir à bout de bras.

Les relations amoureuses en période de rétablissement ne consistent pas à être parfaite. Il s’agit plutôt d’observer ses vieux réflexes avec bienveillance et de faire des choix différents quand c’est possible.
J’apprends que je ne suis pas le ciment de l’autre. Je n’ai pas à mériter le lien en étant dans l’effort permanent. Ce qui m’est destiné viendra à moi sans que j’aie à fonctionner en sur-régime.
Kristin G.
23/12/2025
Traduit de l’original publié sur coda.org par CoDA France- 2026- Crédit Photo Pexels
Pour mémoire, chez CoDA, il est recommandé d’éviter de se lancer dans une nouvelle relation amoureuse dans les premiers mois du parcours de rétablissement afin de prendre le temps de rétablir une relation saine , authentique et aimante avec soi …pour être en mesure d’en établir de saines, authentiques et aimantes avec autrui, par la suite.


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