Je m’appelle Liza et je suis une codépendante en rétablissement. Je pleure ce que j’ai perdu. J’ai grandi avec une mère très violente et dominatrice. Toute mon enfance, j’ai été en mode survie et, quand j’avais 12 ans, ma mère a fini par m’abandonner. Au début de la vingtaine, bien que mariée à un homme aimant et fiable, je continuais à vivre dans la peur d’être abandonnée.

J’ai tout fait pour tout contrôler dans ma vie. Ce faisant, je n’arrivais pas à vivre pleinement le moment présent. J’ai fini par poursuivre des études à tout prix, n’écoutant aucun conseil financier et m’endettant à tout-va. À cette époque, personne ne pouvait rien me dire. Je perdais confiance en toute personne qui tentait de me raisonner.
Lorsque j’ai commencé à enseigner en classe de 6ème, j’ai fait une dépression nerveuse. Le passé m’avait rattrapée. À l’époque, j’étais envahie par la honte et je n’arrivais pas à parler de ce que ma mère m’avait infligé.
Dans mon esprit, la honte était dans mon camp. Je n’avais jamais réussi à remettre le blâme sur la personne qui était vraiment responsable. Ma mère me disait toujours que c’était moi le problème. J’ai intériorisé cela et j’ai donc remis mon pouvoir entre les mains de tout le monde. Une vie où vous croyez que vous ne comptez pas , c’est la perte de soi. Je ne disais jamais la vérité.

Si je voulais dire « non », il me fallait des jours de lutte intérieure. Dans ces luttes, je m’assurais toujours que la personne qui me posait la question ne me détesterait pas. Si je devais prendre une décision, je demandais toujours l’avis d’une autre personne et, même si je n’étais pas d’accord avec son avis, je refoulais mon ressenti. Qui étais-je donc pour prendre mes propres décisions ?
Si une personne me faisait du mal, je me jurais de rappeler à tout le monde toute la douleur qui m’avait été infligée. Je ne cherchais jamais à me réconcilier, mais toujours à détruire cette personne. Ce faisant, je me suis retrouvée isolée.
J’ai oublié ce que c’était que de vivre sans rejouer toute la honte du passé. Je n’étais plus capable de vivre normalement; en fait, j’avais même deux vies. Comme j’étais perdue dans l’amertume, incapable de vivre la vie dont j’avais envie, je mentais. Je souriais et je disais oui, mais je mourais à l’intérieur de moi. J’avais recréé la même vie douloureuse que celle que j’avais vécue enfant. Cela me détruisait.

Je ne me souviens plus de ce qui m’a menée chez CoDA, peut-être ma Puissance Supérieure. Dès la première réunion, j’ai su que j’étais au bon endroit. J’ai découvert les schémas de co-dépendance.
Désormais, je suis heureuse et capable de vivre pleinement dans l’instant présent grâce à CoDA. Je pleure encore les années que j’ai perdues, celles où j’ai essayé de contrôler et de faire plaisir aux autres. Je fais le deuil de ce que la codépendance m’a volé.
Liza D ( 2018)
Traduit de l’original de CoDA.org – 2025- Tous droits réservés- Crédit photos Pexels.com
Si vous avez un problème d’endettement compulsif, le programme Débiteurs Anonymes peut vous intéresser. La convention 2025 aura lieu le 29/03 prochain. CoDA et d’autres fraternités anonymes y seront présentes via des membres volontaires.


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