Festival des 40 ans de CoDA
Peut-on « se rétablir à distance » par les réunions en ligne ? Ecoutons le témoignage de rétablissement d’une membre de CoDA France
Cela fait 2 ans que je suis membre de la Fraternité Anonyme CoDA-France grâce au
logiciel Zoom qui me permet d’assister en ligne une fois par semaine à la réunion
« Dimanche, c’est Rétab ! ».

Depuis le début de ma fréquentation du Programme en 12 Étapes des Fraternités
Anonymes, avec en 2006 les Al-Anons, ensuite en 2018 avec les Adultes Enfants
d’Alcooliques, et enfin en 2024 avec CoDA-France, j’ai adapté ma fréquence des réunions au regard des découvertes que je faisais sur moi-même. Au début j’étais assidue, je dévorais la littérature et je travaillais les Étapes consciencieusement car j’étais en découverte et en demande de beaucoup d’aide.
Avec les années j’ai affiné la quantité de mon apprentissage, j’appelle cela ma « posologie » comme une posologie de médicament qui correspond à ma personne, à mon cheminement vers le rétablissement. Même si nous sommes égaux en réunion avec des similitudes parfois étonnantes de comportements nous restons uniques et différents dans nos histoires, nos passés et nos personnalités.

CoDA-France est donc arrivé dans ma vie au moment adéquat pour affiner mon
rétablissement commencé. Il me semble que la co-dépendance est une dépendance parmi d’autres dépendances. Comme une dépendance à un produit la co-dépendance est une dépendance à un comportement malsain : obsession, compulsion, contrôle, etc. lié bien souvent à une personne dépendante : l’autre, et/ou moi, et/ou à une situation de dépendance. Pour m’en sortir il me faut un sevrage comme pour la dépendance d’un produit ou tout au moins une alerte comme par exemple une « personne rouge » identifiée dangereuse pour moi, comme le font certaines Fraternités Anonymes à propos de produit à problèmes comme la nourriture que nous ne pouvons pas bannir de notre vie.
Cela veut dire que je peux être vigilante pour ne pas consommer « une première relation inappropriée » « un premier verre » comme disent les AA, c’est-à-dire nocive pour moi. Ce qui dans la réalité n’est pas toujours facile à déceler et/ou à réaliser. Tout comme le « produit alcool » n’est pas un poison pour les non-alcooliques, les « relations humaines » ne sont pas un poison pour ceux qui ne souffrent pas de dépendance et/ou de co-dépendance affective.

Le sens de l’équilibre par l’établissement de mes limites avec les relations, quelles qu’elles soient : familiales, amicales et/ou professionnelles mais aussi dans les différents domaines de ma vie comme l’alimentation, l’hygiène, la santé, le sport, etc. est un comportement à ma portée pour éviter les montagnes russes émotionnelles et l’obsession appelée également « ivresse mentale » et qui sont des prisons affectives et une auto-maltraitance qui peuvent me mener à l’agressivité envers les autres et en même temps développer le sentiment que je suis victime.
Pour autant l’abstinence dans le cas des relations humaines est impossible et non
souhaitable car j’ai besoin de relations à minima pour exister en tant qu’Être humain mais je dois me débarrasser des poncifs sociaux qui parfois, par culture, m’obligent à une certaine normativité : aimer ses parents, ne pas divorcer, s’enfermer professionnellement, accompagner son enfant coûte que coûte, etc.

Aujourd’hui, donc, je fais le deuil des soi-disant « bonnes et belles » situations affectives
et/ou émotionnelles pour accueillir un jour à la fois la joie de vivre, de me rétablir et d’en être reconnaissante malgré tout ce qui existe comme autres choix et qui peut venir
contrarier ce bien-être précieux que je découvre, pour moi comme pour mon entourage.
La vie, le Monde, l’époque ne changeront pas de façon significative parce que je me
soigne. Les « plats », les situations, qui m’ont déjà été servis par le passé reviendront
bons et/ou mauvais. La grande différence c’est ma façon aujourd’hui grâce à mon
rétablissement de les recevoir avec lucidité, patience et confiance. Et je remarque que
même si je suis tentée même si je chute vers un ancien comportement cela ne dure plus longtemps et je m’en sors beaucoup plus vite.
J’exprime ma gratitude au mode de vie des Fraternités Anonymes qui m’apprend à créer un espace spirituel en moi que je n’avais pas, à CoDA-France ainsi qu’aux amis.ies, de passage et/ou de présence régulière, pour qui j’ai un attachement particulier, honnête et le plus sain possible.
Carole
(08/2026)
CoDA France 2026- Crédits Photos Pexels

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