Chacun.e de nous ici a une histoire à raconter.
l’intime récit d’une enfance infernale,
tantôt déchiquetée par l’émotion, tantôt dure comme une carapace

Chacun.e de nous a une histoire à raconter.
Chacun.e de nous a un secret enfoui
qui nourrit l’isolement, et nous prive de notre fierté
Les secrets, une fois révélés, une fois mis en lumière,
nos secrets, lorsqu’ils sont partagés, nous aident à faire bloc ensemble.
C’est le secret resté en non-dit, l’histoire non racontée,
qui achèvera le corps, tout en consumant son âme.

La « chose en soi » n’est pas si énorme : c’est son ombre qui est grande :
sans réelle forme,
sans réelle substance,
une ombre, voilà tout.
Quand cette ombre obscure surgit au-dessus de ma tête,
il est si dur d’y voir, tant la lumière semble éteinte.
Seul.e, je suis aveugle et tétanisé.e d’effroi.
Mais quand je peux verbaliser les ténèbres que je cache en moi,
quand je m’ouvre, alors je laisse entrer la lumière.

Quand je fais confiance aux gens qui sont déjà passé.e.s par là,
ils peuvent faire entrer la lumière dès que je pousse la porte.
Dans cette lumière partagée, les ombres rétrécissent,
finalement, les choses ne s’avèrent plus aussi insurmontables que je ne le craignais.
Nous avons tous et toutes nos parts d’ombre. Nous avons tous et toutes notre lumière.
En partageant, nous équilibrons l’obscurité et la lumière.
Seul face à son ombre, on ne peut guère survivre,
et je pleure ces gens que j’ai connus et qui sont partis
dans cet auto-abandon qu’est le suicide.

Moi aussi, je connais l’angoisse, l’acier et la peur,
c’est uniquement grâce à Dieu et au programme que je suis encore là.
La perche est là, mais c’est à chacun.e de la saisir,
C’est en tendant la main aux autres que nous pouvons y arriver.
Certain.e.s sont encore trop en colère ou trop apeuré.e.s pour demander.
Seul.e dans l’obscurité, on ne trouve pas la sortie.

C’est donc avec espoir et compassion que je choisis de croire que
si je transmets le message, quelqu’un.e peut-être le recevra,
attrapera la perche qui lui est tendue, et s’y accrochera de toutes ses forces, car en effet, chacun et chacune de nous a une histoire à raconter.
Allison F.
(2000)
Traduit de l’original « a story to tell », publié sur coda.org- CoDA France-2026- Crédit photos Pexels
Vous aussi, transmettez le message de force, courage et espoir aux codépendant.e.s qui souffrent encore en partageant sur votre expérience/ cheminement / rétablissement en CoDA. Adressez-nous votre texte, poésie ou audio ( 5mn max).
Plus d’histoires de rétablissement dans le Livre Bleu ( espace membres)


En savoir plus sur CoDA France
Subscribe to get the latest posts sent to your email.