A l’occasion des 40 ans de CoDA, découvrons l’expérience, la force et l’espoir de la première génération de codépendant.e.s qui s’est rétablie en CoDA.
En 1990, j’étais à Londres, je fréquentais 2-3 fraternités et travaillais le programme.Je savais qu’il était recommandé d’aller voir chez CoDA. Je suis donc allé à une premiere réunion dans le nord de Londres. Je m’y suis fait de nouveaux amis. J’ai appris à participer à une réunion CoDA , à partager, à identifier mes comportements de co-dépendance, à dire « Je m’appelle David, je suis co-dépendant ».

Je me suis rapidement senti bien dans la fraternité, j’ai voulu m’impliquer. J’ai pris du service en réunions. Cela m’a aidé à étudier ce qu’étaient les limites saines – j’ai été préparateur du thé, trésorier, secrétaire et même représentant de groupe.
Au début des années 90, il y avait peut-être 10 – 15 réunions par semaine sur Londres. J’y allais environ deux fois par semaine – et je faisais d’autres réunions aussi. Mon parrain s’y connaissait sur la co-dépendance, et nous étions tous deux très conscients du risque de codépendance potentiel que présentait notre relation de parrainage !
Ma femme (Min) a commencé à aller chez CoDA à peu près au même moment que moi – mais elle allait à différentes réunions. Nous avons tous les deux commencé à apprendre à nous séparer et ce faisant, nous sommes devenus plus proches.
CoDA nous a donné un vocabulaire pour explorer ce que nous ressentions , pour essayer de prendre notre part de responsabilité dans nos vies, un espace où nous pouvions partager l’un.e sur l’autre, mais d’une manière saine et sécure. C’était le bon moment pour nous, à la fois dans le rétablissement et chez CoDA. Les divergences et difficultés au sein des groupe au sujet de lignes de conduites, de principes, d’autres membres et la fraternité, m’ont tellement appris sur moi-même et sur mes manières de juger.

Il y eut un moment vers 1992, où une poignée d’entre nous avons animé un atelier sur le parrainage en CoDA, ce fut à la fois terrifiant et merveilleux. C’était génial d’explorer et de s’intéresser avec d’autres personnes qui partagent les mêmes idées.
Je parrainais alors 2-3 hommes ( et j’avais refusé de parrainer 2-3 femmes) *
Le gros événement dont je me souviens a été la première Convention CoDA de Londres en 1994 (je peux me tromper d’année). Nous avions une permanence CoDA à l’époque, je me rappelle avoir peint et préparé ce bureau avec d’autres membres du groupe. Il y avait un lieu de réunion adjacent et je crois que c’est là que nous avons fait la convention.

C’était merveilleux, les partages… On jetait un ours en peluche en l’air , la personne qui l’attrapait prenait alors la parole pour partager. J’ai aussi fait un discours sur le parrainage avec mon parrain et mon filleul. Nous avons également joué les Percusionnistes CoDA. De la vraie fraternité/ sororité, du soutien, de l’unité, de la peur, de la joie, de l’amour et des confrontations aussi…… bref, la vie selon les termes de la vie.

En 1997, j’ai quitté le Royaume-Uni pendant 10 ans. J’assistais occasionnellement à une réunion CoDA, au gré de mes retours au pays. Il n’y avait pas de CoDA là où j’étais expatrié. Ces souvenirs semblent venir d’une autre vie, ont-ils jamais eu lieu ?
Je vais toujours dans cette réunion CoDA à Londres. Je suis toujours pote avec mon filleul de la Convention, mon parrain et moi sommes « ensemble » depuis 36 ans.
Il y a 17 ans de cela, je me suis formé et reconverti comme psychothérapeute, Je reste en contact avec les principes et les idées de CoDA. J’utilise fréquemment le guide de travail des Etapes et, très souvent, je suggère à mes client.e.s d’essayer les réunions CoDA.
Prendre conscience que ma codépendance est l’élément au cœur de mes addictions aux produits et aux comportements, voilà une expérience que je ne cesse de revisiter, encore et encore dans mon rétablissement et bien sûr, j’ai conscience que mes traits codépendants sont bel et bien vivants, là, en moi.

J’avais débuté comme un naïf cynique de 29 ans… maintenant que j’en ai 65 , je trouve que les apprentissages et les épreuves que j’ai vécues en CoDA ont embelli ma vie et m’ont conduit à réaliser des choses que jamais je n’aurais cru possibles auparavant.
Comment je vois les autres, comment je me vois et me ressens moi, ma confiance et mon acceptation, tout cela , je l’ai éprouvé et fait grandir au sein de la communauté CoDA.
J’ai réalisé que j’ai un sentiment de tension et d’accélération quand je perds mes limites avec les autres, quand je perds mon authenticité, quand je me met à me contorsionner. C’est à ce moment-là que j’ai besoin de partager ce qui se passe en moi, surtout au niveau des émotions.

Merci CoDA pour tout ce que j’ai et tout ce que j’espère réaliser. La fraternité la plus exigeante pour moi et donc la plus enrichissante.
J’ai le projet de partir vivre en Australie avec Min (ma femme depuis 40 ans maintenant) et de rejoindre la fraternité CoDA là-bas.
Y a t-il quelqu’un qui se souvienne encore de la Convention ( de 1994) ? Ou j’ai tout rêvé ?
David F.
06.02.2026
- Il est normal pour un homme hétérosexuel de refuser de parrainer des femmes afin d’éviter les rapports de séduction de sa part ou de la part de la filleule. (cf 13eme étape).
Traduit de l‘original publié sur coda.org- CoDA France-2026 – Crédit Photos Pexels
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