Je m’appelle Erik et je suis codépendant.
J’ai grandi en Californie du Sud, et j’étais l’aîné d’une fratrie de cinq garçons. Mes parents nous ont élevés dans une famille qui avait la foi , mais qui était aussi très dysfonctionnelle.

Mon père a toujours été émotionnellement absent et je pense que ma mère était dépendante affective. Elle m’a inculqué une forme d’amour malsaine : aimer et rester dans des relations toxiques – « jusqu’à ce que la mort nous sépare » – telle était sa devise.
Comme elle m’avait conditionné pour me sentir responsable de mon frère, je suis devenu un « protecteur ».

Pendant toutes les années que j’ai passées chez mes parents, j’ai constamment cherché à obtenir leur approbation en étant bon à l’école, et toujours un fils responsable et serviable. Mes efforts se soldaient régulièrement par la déception, car je n’obtenais jamais les éloges ni les marques de reconnaissance que je désirais tant.
Pendant des années, je n’ai donc jamais compris pourquoi je n’étais jamais à la hauteur et pourquoi je me sentais si vide à l’intérieur. Je redoublais d’efforts pour leur plaire, espérant qu’un jour ils remarqueraient et reconnaîtraient mes efforts.
À 17 ans, j’ai commencé à boire en cachette.
En quête de l’amour et de l’acceptation qui m’avaient toujours fait défaut, j’ai vite quitté le foyer parental et me suis marié. Le poids d’une enfance difficile dans un foyer dysfonctionnel, ma consommation excessive d’alcool et mon manque total d’estime de moi ont rapidement mis mon mariage à rude épreuve.

J’ai également développé d’autres addictions puissantes , histoire de « canaliser » ma codépendance. Je dépensais sans compter. Je recourais au sexe comme drogue récréative ; autant de comportements qui sont devenus des addictions et qui m’ont plongé dans une immense culpabilité et une honte profonde.
À 45 ans, j’ai été mis en arrêt maladie à cause d’un accident du travail. Pendant cet arrêt, on m’a prescrit des analgésiques à la fois puissants et addictifs. Je souffrais énormément physiquement, mais ma souffrance morale et émotionnelle était encore plus intense. On m’a diagnostiqué une dépression.
J’ai touché le fond en septembre 2016, lorsque mon frère a été admis à sa demande en observation psychiatrique pour 72 heures. J’étais aux urgences quand le psychiatre lui a demandé s’il avait des idées suicidaires. Il répondit qu’il était en train de perdre l’envie de vivre… exactement ce que je ressentais moi aussi.

Tandis qu’ils embarquaient mon frère en unité psychiatrique, je me suis dit qu’ils emmenaient la mauvaise personne. Je savais que quelque chose n’allait pas du tout chez moi, mais je n’arrivais toujours pas à saisir quoi au juste.
Peu après l’hospitalisation de mon frère, j’ai découvert les Codépendants Anonymes. J’ai assisté à ma première réunion le 27 octobre 2016. Je me souviens très précisément de toute la rage, la peur, la honte et la culpabilité que j’ai ressenties lors de cette première réunion. Mais je me souviens aussi d’avoir été touché par les sourires, les accolades et cette douce sensation d’avoir enfin un chez-moi. Je me suis immédiatement senti au bon endroit.

Au cours des 14 derniers mois, j’ai découvert que la codépendance est une maladie insidieuse qui ronge l’âme. J’ai également trouvé une solution qui me va bien, à savoir choisir un parrain et suivre ses suggestions, travailler les Etapes, contacter d’autres membres CoDA, lire régulièrement la littérature Co-DA et écrire dans mon journal au quotidien.
J’ai également commencé à aborder la myriade de problèmes en lien avec ma famille d’origine. J’ai arrêté de boire et je ne prends plus d’anti douleurs. Je suis également une thérapie.
Mes relations avec mon épouse et une Puissance Supérieure bienveillante se sont épanouies et approfondies. Je ressens désormais un nouvel amour et une nouvelle acceptation de moi-même et des autres. Je me sens vraiment aimable, aimant et aimé.
Comme beaucoup d’entre nous, je me rappelle être arrivé chez CoDA en « mode crise », au bord de la folie et de la mort.

Je crois sincèrement qu’un éveil spirituel s’est produit en moi et que ma vie est différente de ce qu’elle était il y a 14 mois. Désormais, je tiens à partager avec les nouveaux et nouvelles venu.e.s que l’espoir existe, que la vie peut s’améliorer et que des choses extraordinaires se produisent quand nous travaillons les Etapes.
Merci de m’avoir donné l’opportunité de partager.
Erik V. – 30/01/2018
Original publié sur Coda.org – adapté et traduit par CoDA France- 2026

En savoir plus sur CoDA France
Subscribe to get the latest posts sent to your email.