Quand j’ai démarré chez les Codépendant.e.s Anonymes, j’avais du mal à dire « Olive, codépendante » lors des présentations en début de réunions. Quelques jours auparavant, mon compagnon, après cinq ans de relation, avait fichu le camp au volant de sa voiture, verre à la main, pour ne jamais revenir.

Pourquoi suis-je restée si longtemps ? A endurer insultes, crises de colère, consommation de drogues en tous genres et violences physiques. La raison ? J’étais accro à la « facilitation et au laisser-faire » (enabling), à la souffrance et à l’abandon. Tout cela me paraissait normal. Je croyais que c’était ce que je méritais.
Quand je suis arrivée chez CoDA, je voulais savoir si j’étais vraiment codépendante. L’indice de ma codépendance, je l’ai trouvé dans les partages des autres participant.e.s. J’ai comparé mes expériences et mes ressentis/ sentiments à ceux décrits dans « Comportements et Caractéristiques de codépendance (et de rétablissement) ». La liste regroupe les comportements classés selon plusieurs catégories : Déni, Faible estime de soi, Conformité, Contrôle et Evitement.
Je me suis reconnue dans ce comportement classé dans « Faible estime de soi » : « Je ne me perçois pas comme étant aimable et ayant de la valeur.. » Cette croyance a eu un gros impact sur mes relations: elle me poussait à être attirée par des personnes indisponibles, souvent du fait de leur consommation de produits.

Je faisais passer en premier les besoins d’une personne en détresse, tout en reléguant mes propres besoins en dernier. Je n’avais jamais le temps pour ce qui était vraiment important pour moi.
Je souffrais de voir mes rêves s’éteindre.
Je m’escrimais à vivre par procuration au lieu de vivre pleinement ma propre vie.

Peu à peu, les choses ont changé. Je suis à présent dans ma troisième année de rétablissement. Je commence à me percevoir comme une personne aimable qui a de la valeur.
J’ai vu une phrase qui m’a profondément touchée dans un document CoDA UK, intitulé « Les comportements de codépendance, toi et moi « : « dans la codépendance, Mes rêves de futur sont tous en lien avec toi ; en rétablissement, Je suis le personnage principal de mes rêves, même si tu en fais partie. » Cette prise de conscience a été un tournant dans ma vie. Je peux désormais poursuivre mes rêves, avec ou sans partenaire. Mes rêves m’appartiennent.
Je travaille les Étapes de deux manières : avec ma marraine et avec mon groupe d’étude des Etapes. Le soutien de ma marraine et des « soeurs » de rétablissement de mon groupe me redonne espoir quand j’en ai besoin, et m’aide à persévérer dans le rétablissement.

Je puise aussi dans l’espoir qu’offrent les Douze Promesses . L’une d’elles résonne tout particulièrement en moi , et je souhaite pleinement l’incarner : « Je connais un nouvel amour et une nouvelle acceptation de moi-même et des autres. Je me sens
réellement digne d’amour, aimant.e et aimé.e. »
Olive
12.02.2026
Traduit de l’original publié sur coda.org- CoDA France 2026 – Crédit photos Pexels
NB – Les Comportements de codépendance et de rétablissement CoDA ont été complétés par une autre liste rebaptisée Toi et Moi en France car elle est écrite à la 1ere et 2eme personne. Cette dernière, utilisée de longue date en réunions chez CoDA UK, fut entérinée par CoDA International il y a quelques années.
Ces deux listes sont des outils importants d’info publique et de prise de conscience. L’étude du programme CoDA, des 12 Etapes et 12 Traditions se fait dans le Livre Vert et le Livre Bleu. Ces livres nous aident à trouver les clés pour abandonner les comportements codépendants et développer des comportements de rétablissement. Les Méditations CoDA sont également des outils de rétablissement inspirants ( donnent des idées d’application du programme, mais ne décrivent pas les Etapes et les Traditions de CoDA directement).


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